Quand lire un livre à ses enfants devient compliqué

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Source : ESCOFFIER, MAUDET, 2015

Par Julie GAILLARD et Diane DAHAN

Vous est-il déjà arrivé d’avoir une carte de menu dans les mains et d’être incapable d’en lire les plats, faute de traduction ?

Vous êtes-vous déjà aventuré dans une contrée lointaine dont les panneaux indiquant les villes sont écrits dans un alphabet différent du latin ?

Ces situations sont proches de celles que peuvent rencontrer des personnes non francophones lorsqu’elles souhaitent lire des livres jeunesse en français aux enfants.

Le projet en bref

Les chiffres présentés dans le schéma à droite – adapté de Statistique Genève – montrent bien que la part d’étrangers est importante à Genève, nombreux sont les ressortissants de l’Union européenne et presque un tiers d’entre eux sont originaires d’un autre continent. Nous pouvons ainsi supposer qu’une grande partie de cette population est non-francophone, tout du moins d’une autre langue maternelle que le français. 

Ainsi la langue peut être un frein à l’intégration. Pour les familles, l’embarras est d’autant plus fort que les parents, voire même les personnes qui gardent les enfants, peuvent éprouver de la difficulté à aider les enfants à faire leurs devoirs, à leur lire une histoire en français ou à les emmener à la bibliothèque. Un logiciel spécifiquement conçu pour lire et traduire des livres jeunesse prend donc tout son sens dans une ville où l’accueil et l’intégration sont des points fortement mis en avant (Ville de Genève 2021).

Une triple méthodologie

Le but principal de cette recherche est de permettre aux personnes non francophones d’accéder à la littérature jeunesse en français grâce à un logiciel d’aide à lecture et à la compréhension du texte. Dans ce projet, nous explorons le terrain et cherchons à savoir ce qui existe déjà et quels sont les besoins, afin de poser les jalons pour un éventuel futur projet de création d’un logiciel. Notre analyse se fait avec 3 axes principaux :

Nous avons donc dû sélectionner et effectuer 3 modes de collecte différents, adaptés aux objectifs de chacune des parties :

1. Une évaluation des besoins des utilisateurs en menant plusieurs entrevues semi-dirigées.

2. Un état des lieux des logiciels existants en les sélectionnant, téléchargeant et testant.

3. Une prise de contact (mail et questionnaire) avec des maisons d’édition de livres jeunesse et des bibliothèques – jeunesse ou interculturelles – pour savoir si elles portent un intérêt à offrir un service d’aide à la lecture et à être de potentiels partenaires pour le projet.

Premiers résultats

Au 16 septembre 2021, nous pouvons présenter quelques résultats suite à nos collectes.

Pour la collecte 1, nous avons effectué quatre entrevues : deux avec des femmes ayant un ou plusieurs enfants en bas âge, une avec une accueillante familiale et une avec une enseignante de français langue étrangère. Le premier constat est que les personnes interrogées s’intéressent au projet d’un logiciel d’aide à la lecture. Dans le cas de la littérature jeunesse, les images sont souvent bénéfiques afin d’aider à la lecture et l’explication.

Une aide à la prononciation serait utile pour les mamans interrogées. Le logiciel pourrait être disponible sur téléphone, mais il serait utile de pouvoir informer et sensibiliser sur l’utilisation d’un futur logiciel.

En ce qui concerne le test des logiciels existants, la plupart d’entre eux utilise une technologie de reconnaissance optique de caractères. Cependant nous avons pu constater leurs limites : la lecture de polices spéciales s’avère peu performante, comme dans l’exemple ci-dessous.

Source : scan de BISINSKI, SANDERS, 2019 avec l’application Traductions de photos

La troisième collecte nous pose quelques difficultés : nous n’avons presque pas eu de réponses de la part des bibliothèques et maisons d’éditions contactées et avons donc dû élargir nos critères et la période de collecte. 

Conclusion

Le projet a lieu sur une durée d’un an, ce qui est assez court compte tenu des nombreuses tâches à effectuer et des personnes à contacter. 

Au niveau linguistique, il est impossible pour un chercheur de connaitre les nuances de toutes les langues existantes et donc de savoir si une traduction est correcte ou non. Les problèmes de linguistiques sont donc également laissés de côté.

Enfin, la finalité de ce projet sera, suite à l’analyse de nos données, de proposer des spécificités pour l’éventuelle création d’un prototype ou d’une interface de logiciel.

Références

BISINSKI, Pierrick, SANDERS, Alex, 2019. Pop et les grand méchant loup. Paris : L’école des loisirs. 22 pages. ISBN 9782211305501

ESCOFFIER, Michaël, MAUDET, Matthieu, 2015. L’animaux. Matthieu Maudet [en ligne]. 18 juin 2015. [Consulté le 16 septembre 2021]. Disponible à l’adresse : http://matthieumaudet.blogspot.com/2015/06/lanimaux.html?q=l%27animaux

STATISTIQUE GENEVE, 2021. Informations statistiques : Bilan et état de la population du canton de Genève en 2020 [en ligne]. Mars 2021. [Consulté le 12 septembre 2021]. Disponible à l’adresse : https://www.ge.ch/statistique/tel/publications/2021/informations_statistiques/autres_themes/is_population_03_2021.pdf

VILLE DE GENEVE, 2021. Genève internationale [en ligne]. 15.06.2021. [Consulté le 12 septembre 2021]. Disponible à l’adresse : https://www.geneve.ch/fr/themes/geneve-internationale

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